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LE MAÇON

Le maçon est à la fois appareilleur (il assemble les pierres), tailleur de pierre et morteleur (ou gâcheur, il prépare le mortier). A Valence, lors de la construction de l’église, un appareilleur maçonne une pierre gravée en la renversant, figeant son inscription à l’envers ! Pas facile de savoir le sens de pose quand on ne sait pas lire, le latin qui plus est ! La pierre est visible sur le premier contrefort sud de l’église.


Après son apprentissage le maçon est déclaré publiquement « ... franc de l’apprentissage… idoine et suffisant audict mestier ». Pour exercer sa profession il paie un droit, une taxe d’entrée partagée entre la corporation et la ville. Il est déclaré « maczon de franche pierre » car il travaille des pierres nobles aux grains durs et serrés.


Dès le lever du jour, lorsque la cloche de l’église annonce le premier office, sa journée de travail commence et compte 14 heures en été. L'hiver, les journées sont plus courtes, et dans les régions les plus froides, la neige et le gel du mortier l'empêchent souvent de travailler, alors il en profite pour tailler des blocs qui serviront à la reprise du travail.


Il dispose quand même de temps de repos, pour la collation du matin, le repas de midi, le casse-croûte de l’après-midi, et d’autres menues pauses que la soif, la nature ou la conversation commandent et qui peuvent prendre au total une ou deux heures ! Il n’est pas prévu d’horaires nocturnes par crainte des incendies, et les jours chômés ne sont pas rémunérés, mais il peut y avoir des exceptions.
Ainsi, il peut participer à la réparation des remparts en partie démolis après une attaque, pour un salaire moindre. En temps normal il gagne 12 deniers par jour sans la nourriture et 18 deniers avec ravitaillement (à la fin de 15e siècle, un poulet coûte 2 à 3 deniers, un porc entier 24 deniers, une quarte de blés 16 deniers). Il n’est pas riche mais sa situation lui a permis de fournir du travail à deux de ses collègues dans la misère.


Le favre forge ses outils, sans lesquels il ne peut exercer et dont il prend grand soin : le têtu, les truelles, le fil à plomb et le pendiculaire (ou archipendule) pour monter les murs ; la chasse, le ciseau, le taillant à grains d'orge, les massettes et l'équerre pour travailler la pierre calcaire locale. Il mélange le sable, l'eau et la chaux avec des houes pour obtenir le mortier adapté à ses besoins.


Lors de grands chantiers, comme pour l'église de Valence, les charpentiers lui créent des cintres pour les voûtes, et des engins de levage (chèvre, cage à écureuils) pour monter les pierres en haut des constructions.

Source : Jean-Pierre Leguay, Vivre en ville au Moyen Âge, éditions Gisserot, 2006 / Les Motivés.

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